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Arrêt maladie portage salarial : ce que vous toucherez vraiment

Arrêt maladie en portage salarial : 42,97 € par jour en 2026

Vous facturez 600 € par jour. Vous vous cassez la jambe. Combien la Sécurité sociale vous versera-t-elle par jour d’arrêt ?

42,97 €.

Ce n’est pas une erreur de frappe et ce n’est pas propre au portage salarial : c’est le régime applicable à tous les salariés depuis une réforme entrée en vigueur le 1er avril 2025, qui a abaissé de 1,8 à 1,4 SMIC le salaire pris en compte dans le calcul. Elle a réduit le plafond de 22 %, et elle frappe exactement la population des consultants : ceux dont le salaire dépasse largement ce plafond.

La plupart des pages consacrées à ce sujet n’ont pas intégré cette réforme, ou affichent un montant périmé par la dernière revalorisation du SMIC. Cette page vous donne les chiffres à jour au 30 juillet 2026, la mécanique de calcul appliquée à une rémunération de portage, qui est irrégulière par nature, et les deux leviers qui existent réellement pour vous protéger. Elle traite aussi une règle que presque personne ne mentionne et qui peut doubler votre indemnité si votre activité est discontinue.

L'Essentiel en un coup de bec 🐔

  • Le salarié porté est indemnisé comme tout salarié, par la Caisse primaire d’assurance maladie, après trois jours de carence. Ni mieux, ni moins bien.
  • L’indemnité journalière est plafonnée à 42,97 € bruts pour les arrêts débutant depuis le 1er juillet 2026, quel que soit votre tarif journalier. Au-delà de 2 613,83 € bruts mensuels, votre salaire n’augmente plus votre indemnité.
  • Le vrai sujet n’est pas l’indemnité, c’est ce qui la complète : le maintien de salaire par l’employeur, soumis à une condition d’ancienneté d’un an, et la prévoyance. Sans l’un des deux, un arrêt long est financièrement violent.

👉 Si votre activité est discontinue, demandez le calcul sur douze mois : il peut doubler votre indemnité par rapport au calcul sur trois mois.

Le plafond que presque personne n'a mis à jour

Le décret n° 2025-160 du 20 février 2025 a abaissé le plafond de salaire retenu pour le calcul des indemnités journalières maladie, de 1,8 SMIC à 1,4 SMIC, pour tous les arrêts de travail débutant à compter du 1er avril 2025. À SMIC constant, cela représente une baisse de 22 % de l’indemnité maximale.

Depuis, chaque revalorisation du SMIC relève ce plafond, mais avec un mois de décalage : le montant applicable dépend de la date de début de l’arrêt.

Début de l’arrêtPlafond de salaire retenuIndemnité journalière maximale
Avant le 1er avril 20251,8 SMIC53,31 €
Jusqu’au 31 janvier 20262 522,52 €41,47 €
Du 1er février au 30 juin 20262 552,24 €41,95 €
À compter du 1er juillet 20262 613,83 €42,97 €

Le palier de juillet découle de la revalorisation du SMIC du 1er juin 2026, qui a porté le SMIC horaire de 12,02 € à 12,31 €, soit 1 867,02 € bruts mensuels. Le plafond correspond à 1,4 fois ce montant. Sources : montants maximum des indemnités journalières, Assurance maladie et Service-Public.

Vérifiez toujours la date de début de l’arrêt : c’est elle qui détermine le montant applicable, pas la date à laquelle vous consultez une page web.

Les conditions pour être indemnisé

Elles sont identiques à celles de n’importe quel salarié, mais elles méritent d’être regardées de près en portage, où l’activité est discontinue.

Pour un arrêt de moins de six mois

Vous devez remplir l’une de ces deux conditions à la date de l’arrêt :

  • avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois précédant l’arrêt,
  • ou avoir cotisé sur une rémunération au moins égale à 1 015 fois le SMIC horaire sur les six mois précédents, soit 12 494,65 € sur la base du SMIC horaire de 12,31 € en vigueur depuis le 1er juin 2026.

La seconde condition est souvent la plus facile à remplir pour un consultant bien rémunéré, même avec peu de jours facturés : deux mois de mission à 6 500 € de brut y suffisent. Elle mérite d’être vérifiée avant de conclure trop vite que vos droits ne sont pas ouverts.

Le régime spécifique de l'activité discontinue

Si vous ne remplissez aucune des deux conditions ci-dessus, un second jeu de critères existe pour les activités à caractère saisonnier ou discontinu, catégorie dans laquelle une activité de portage fragmentée peut entrer :

  • avoir travaillé au moins 600 heures au cours des douze mois précédents,
  • ou avoir cotisé sur au moins 2 030 fois le SMIC horaire sur la même période, soit 24 989,30 €.

Ce régime a aussi un effet majeur sur le montant de l’indemnité, détaillé plus bas. Référence : conditions et calcul des indemnités journalières, Assurance maladie.

Le délai de carence

Trois jours, comme pour tout salarié du secteur privé. L’indemnisation démarre au quatrième jour. Ce délai s’applique à chaque nouvel arrêt, sauf en cas de prolongation d’un même arrêt ou de reprise inférieure à quarante-huit heures entre deux arrêts liés à la même affection.

En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, le régime est différent et plus favorable. À noter également : le nombre d’indemnités journalières est limité à 360 sur une période de trois ans, sauf affection de longue durée.

Le point à vérifier si vous débutez en portage

Le décompte des heures est celui de votre activité salariée. Un consultant qui vient de créer son activité, ou qui sort d’une longue période sans mission, peut ne pas atteindre les seuils. C’est le moment de votre vie professionnelle où votre couverture est la plus fragile, et c’est aussi celui où personne ne vous le dit.

Comment votre indemnité est calculée

Étape 1, le salaire journalier de base

L’Assurance maladie prend la somme de vos rémunérations brutes des trois derniers mois civils précédant l’arrêt, et la divise par 91,25.

Étape 2, l'application du plafond

Chacun des trois mois retenus est plafonné à 1,4 SMIC, soit 2 613,83 € pour un arrêt débutant depuis le 1er juillet 2026. Un mois à 8 000 € de brut compte donc pour 2 613,83 € dans le calcul.

Étape 3, le taux de 50 %

L’indemnité journalière correspond à 50 % du salaire journalier de base ainsi obtenu. Elle est majorée à 66,66 % à partir du 31e jour d’arrêt continu si vous avez au moins trois enfants à charge.

Ce que cela donne pour trois profils

Trois consultants en portage, tous en arrêt débutant après le 1er juillet 2026.

Brut mensuel des 3 derniers moisSalaire retenuSalaire journalier de baseIndemnité journalière
2 200 €2 200 €72,33 €36,16 €
4 000 €2 613,83 €85,93 €42,97 €
8 000 €2 613,83 €85,93 €42,97 €

Le premier est sous le plafond : la réforme ne le concerne pas. Le deuxième et le troisième touchent exactement la même chose. Au-delà de 2 613,83 € de brut mensuel, chaque euro supplémentaire n’ouvre plus aucun droit maladie.

Trois mois ou douze mois : la règle qui change tout en portage

Voici la spécificité que les pages généralistes ne traitent pas, et que la plupart des pages consacrées au portage traitent de travers.

Le calcul standard porte sur vos trois derniers mois civils. Un consultant qui a terminé une mission en mars, connu une intermission en avril et mai, et repris en juin, présente trois derniers mois très faibles s’il tombe malade en juillet. Sur cette base, son indemnité peut tomber à une vingtaine d’euros par jour.

Mais un second régime existe. En cas d’activité discontinue ou saisonnière, l’Assurance maladie calcule le salaire journalier de base sur la somme des douze derniers salaires bruts divisée par 365. Sur le même exemple, avec une année complète correctement rémunérée, l’indemnité remonte au plafond de 42,97 €, soit presque le double.

Méthode de calculSalaire journalier de baseIndemnité journalière
Trois derniers mois, dont deux d’intermission45,08 €22,54 €
Douze derniers mois, activité discontinue85,93 €42,97 €

La qualification d’activité discontinue ne se décrète pas : elle s’apprécie au cas par cas par votre caisse. Mais elle existe, elle est prévue par les textes, et l’Assurance maladie demande elle-même vos bulletins sur douze mois dans cette situation. Si vous tombez malade juste après une intermission, posez la question à votre CPAM plutôt que d’accepter le premier calcul.

Cela ne retire rien à l’argument du lissage : un brut régulier reste préférable dans tous les cas de figure, et il rejoint ce que nous développons sur la retraite et sur le cumul avec l’ARE.

Le maintien de salaire par l'employeur, et sa condition bloquante

Au-delà des indemnités de la Sécurité sociale, la loi prévoit un complément versé par l’employeur. Il démarre après un délai de carence de sept jours, donc au huitième jour d’arrêt, et porte l’indemnisation à 90 % du salaire brut pendant les trente premiers jours, puis aux deux tiers, les durées augmentant avec l’ancienneté.

Mais ce complément est soumis à une condition d’ancienneté d’un an chez l’employeur, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.

Pourquoi cette condition pose un problème particulier en portage

Deux raisons se cumulent.

Vous changez souvent de société de portage. L’ancienneté se compte auprès de votre employeur, c’est-à-dire de votre société de portage actuelle. Changer de prestataire remet le compteur à zéro, même si vous exercez en portage depuis dix ans.

Le CDD de portage fragmente la relation. Un consultant qui enchaîne des CDD de portage mission par mission construit une ancienneté plus difficile à faire valoir qu’un consultant en CDI de portage. C’est un argument supplémentaire en faveur du CDI, que nous détaillons sur notre page droits au chômage après une mission.

Ce que dit la convention collective

La convention collective de branche des salariés en portage salarial comporte des dispositions relatives aux absences pour incapacité temporaire de travail. Vérifiez celles qui s’appliquent à votre contrat, et posez la question à votre société de portage avant de signer plutôt qu’au moment où vous en aurez besoin. Voir notre page convention collective du portage salarial.

Et dans les autres statuts ?

La comparaison est éclairante, parce que le portage salarial est le seul des trois statuts à ouvrir la possibilité d’un complément employeur.

Portage salarial

  • Régime : assurance maladie du régime général, comme tout salarié.
  • Indemnités journalières : oui, 50 % du salaire journalier de base, plafonnées à 42,97 €.
  • Carence : trois jours.
  • Maintien de salaire employeur : possible, sous condition d’ancienneté.
  • Prévoyance collective : généralement proposée par la société de portage, à vérifier contrat par contrat.

Micro-entreprise et SASU

  • Micro-entreprise : affiliation au régime des indépendants, avec des indemnités journalières soumises à des conditions de revenu minimum et un délai de carence plus long. Un micro-entrepreneur dont le revenu moyen est trop faible peut n’avoir droit à rien.
  • SASU : le président assimilé salarié relève du régime général et peut percevoir des indemnités journalières, mais la rémunération en dividendes n’ouvre aucun droit. Un dirigeant qui se verse peu de salaire est très mal couvert.
  • Le point commun : dans les deux cas, il n’y a pas d’employeur pour verser un complément de salaire.

La prévoyance, la seule vraie protection pour un TJM élevé

Disons les choses simplement : si vous facturez plus de 400 € par jour, ni la Sécurité sociale ni le maintien de salaire légal ne protègent votre niveau de vie sur un arrêt long. Le plafond de 42,97 € par jour représente environ 1 300 € par mois, quel que soit votre chiffre d’affaires.

La prévoyance est le dispositif conçu pour ça. C’est un contrat d’assurance qui verse des indemnités complémentaires en cas d’incapacité temporaire de travail, d’invalidité ou de décès.

Trois paramètres déterminent sa valeur réelle, et ce sont ceux qu’il faut comparer.

La franchise. C’est le nombre de jours d’arrêt avant que la prévoyance ne commence à verser. Une franchise de 30, 60 ou 90 jours change tout. Sur un arrêt de six semaines, une franchise de 90 jours ne sert à rien.

Le taux et l’assiette de couverture. Certains contrats couvrent un pourcentage du salaire brut, d’autres un montant forfaitaire. Vérifiez sur quelle base : en portage, une assiette calculée sur un salaire irrégulier peut donner un résultat très différent de ce que vous imaginez.

Les exclusions et le délai de stage. Beaucoup de contrats prévoient une période initiale pendant laquelle certaines garanties ne jouent pas.

La prévoyance a un coût, prélevé sur votre chiffre d’affaires. C’est un arbitrage à faire consciemment, pas une case à cocher, et il dépend de votre TJM, de votre épargne de précaution et de votre situation familiale. Pour situer ce coût dans votre rémunération globale, voir notre simulation de salaire en portage salarial.

Les démarches et les questions propres au portage

La procédure, en trois jours

Votre médecin établit l’arrêt de travail. Vous disposez de quarante-huit heures pour transmettre les volets 1 et 2 à votre caisse primaire d’assurance maladie et le volet 3 à votre employeur, c’est-à-dire à votre société de portage. Le non-respect de ce délai peut entraîner une réduction de vos indemnités.

Beaucoup d’arrêts sont désormais télétransmis directement par le médecin, mais ne le présumez pas : vérifiez. Et si votre activité est discontinue, joignez vos bulletins sur douze mois : c’est ce que l’Assurance maladie demande dans cette situation, et c’est ce qui conditionne le calcul le plus favorable.

Et votre mission, pendant ce temps ?

C’est la question que les pages généralistes n’abordent jamais, et c’est pourtant celle qui inquiète le plus.

Le contrat commercial de prestation lie votre société de portage à votre client. Un arrêt de travail suspend votre contrat de travail, mais il ne règle pas la question de la prestation promise au client. Selon la durée de l’arrêt et la nature de la mission, plusieurs situations sont possibles : décalage du calendrier, suspension, ou dans certains cas rupture du contrat commercial.

Prévenez votre société de portage immédiatement, avant même de vous préoccuper des indemnités. Une gestion anticipée préserve souvent la mission là où un silence de deux semaines la fait perdre.

Si votre contrat prend fin pendant l'arrêt

Vous continuez de percevoir vos indemnités journalières tant que les conditions restent remplies. La fin du contrat de travail ne met pas fin au versement des indemnités par l’Assurance maladie. En revanche, le complément employeur cesse avec le contrat.

Le cas du forfait jours

Si vous relevez d’un forfait en jours, la condition d’ouverture de droits exprimée en heures travaillées demande une conversion. Cette question se pose réellement en portage, où le forfait jours est fréquent. Notez que la condition alternative, exprimée en euros cotisés, évite le problème : c’est souvent la voie la plus simple pour un consultant bien rémunéré. Faites vérifier votre situation par votre société de portage plutôt que de supposer.

Calculons ce que vous toucheriez réellement

Trois minutes suffisent : votre niveau de rémunération, votre ancienneté et votre couverture prévoyance actuelle. Nous vous dirons combien vous percevriez sur un arrêt de deux semaines et sur un arrêt de trois mois. La plupart des consultants découvrent l’écart à ce moment-là, et c’est le bon moment pour le découvrir.

FAQ

Tout ce que

vous demandez.

Est-on indemnisé en arrêt maladie en portage salarial ?

Oui. Le salarié porté est un salarié : il relève du régime général de l'assurance maladie et perçoit des indemnités journalières après un délai de carence de trois jours, sous réserve de remplir les conditions d'activité minimale.

Combien touche-t-on par jour en arrêt maladie en portage salarial ?

50 % de votre salaire journalier de base, dans la limite d'un plafond. Pour un arrêt débutant depuis le 1er juillet 2026, ce plafond est de 42,97 € bruts par jour, quel que soit votre tarif journalier. Le montant exact dépend de la date de début de l'arrêt : il était de 41,95 € de février à juin 2026 et de 41,47 € jusqu'au 31 janvier 2026.

Pourquoi mon indemnité est-elle si faible par rapport à mon TJM ?

Parce que depuis le décret du 20 février 2025, applicable aux arrêts débutant à compter du 1er avril 2025, le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 SMIC contre 1,8 auparavant, ce qui représente une baisse de 22 % du plafond. Au-delà de 2 613,83 € bruts mensuels, votre rémunération n'augmente plus votre indemnité.

Comment se calculent mes indemnités si j'étais entre deux missions ?

Le calcul standard porte sur vos trois derniers mois civils, donc une intermission juste avant l'arrêt fait mécaniquement baisser votre indemnité. Mais en cas d'activité discontinue, l'Assurance maladie calcule le salaire journalier de base sur les douze derniers salaires bruts divisés par 365, ce qui peut presque doubler le montant. Cette qualification s'apprécie au cas par cas : posez la question à votre caisse plutôt que d'accepter le premier calcul.

Ma société de portage complète-t-elle mes indemnités ?

Le maintien de salaire par l'employeur est prévu par la loi : il démarre au huitième jour d'arrêt et porte l'indemnisation à 90 % du salaire brut pendant trente jours, puis aux deux tiers. Mais il suppose une ancienneté d'un an chez cet employeur, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Un changement de société de portage remet ce compteur à zéro.

Quelles conditions faut-il remplir pour être indemnisé ?

Pour un arrêt de moins de six mois, il faut avoir travaillé au moins 150 heures sur les trois mois précédents, ou avoir cotisé sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur six mois, soit 12 494,65 € depuis le 1er juin 2026. En cas d'activité discontinue, un second jeu de critères s'applique : 600 heures sur douze mois, ou 2 030 fois le SMIC horaire, soit 24 989,30 €.

Que devient ma mission pendant l'arrêt ?

Votre contrat de travail est suspendu, mais le contrat commercial entre votre société de portage et votre client ne l'est pas automatiquement. Prévenez votre société de portage dès le premier jour : c'est elle qui gère cette relation, et l'anticipation fait souvent la différence entre une mission décalée et une mission perdue.