Coq Portage | Société de portage salarial
Vous percevez l’allocation de retour à l’emploi et vous venez de décrocher votre première mission. La question qui suit est toujours la même : est-ce que je perds tout ?
Non. Le cumul entre l’ARE et un salaire d’activité reprise est un dispositif prévu, courant, et plutôt bien conçu pour les activités irrégulières comme le conseil. Il repose sur une règle simple, une règle de plafond, et un mécanisme de report qui est probablement la partie la plus mal comprise de tout le système. Cette page les explique, avec un exemple chiffré de bout en bout.
Pour le cadre général de vos droits, voir notre page portage salarial et chômage.
👉 Facturer ne vous fait jamais perdre d’argent sur le mois : chaque euro brut gagné vous rapporte au minimum 30 centimes.
Dès lors que vous reprenez une activité tout en restant inscrit à France Travail, vous ne basculez pas d’un régime à l’autre : vous entrez dans le cumul allocation-salaire. Votre allocation n’est pas supprimée, elle est recalculée chaque mois en fonction de ce que vous avez déclaré.
Le portage salarial se prête particulièrement bien à ce mécanisme, pour une raison structurelle : l’activité de conseil est irrégulière. Un mois à 12 jours facturés, un mois à zéro, un mois à 20. Le cumul absorbe cette irrégularité mois par mois, sans qu’il soit nécessaire de sortir puis de se réinscrire.
Deux conditions restent à respecter, et elles ne sont pas négociables. Vous devez rester inscrit comme demandeur d’emploi et procéder à votre actualisation mensuelle. Et vous devez déclarer l’intégralité de votre activité et de votre rémunération, sans exception. Une omission, même de bonne foi, se solde par un remboursement des allocations indues.
France Travail calcule le montant à verser ainsi :
Allocation versée = allocation mensuelle de référence − (70 % du salaire brut de portage du mois)
Prenons un consultant dont l’allocation mensuelle s’élève à 2 400 € et qui déclare 1 500 € de salaire brut de portage sur le mois. La déduction est de 70 % × 1 500 = 1 050 €. Il perçoit donc 2 400 − 1 050 = 1 350 € d’allocation, auxquels s’ajoute son salaire. Son revenu brut total du mois atteint 2 850 €, contre 2 400 € s’il n’avait rien facturé.
Ces montants sont une illustration arithmétique de la règle des 70 %, pas une moyenne de marché.
Le point à retenir, et que beaucoup de consultants ignorent : facturer ne vous fait jamais perdre d’argent sur le mois. Chaque euro brut gagné vous rapporte au minimum 30 centimes nets de déduction.
Le total de votre allocation et de votre salaire ne peut pas dépasser votre ancien salaire mensuel de référence. Au-delà, l’allocation est écrêtée.
En pratique, ce plafond ne se déclenche que lorsque vous facturez à un niveau proche de votre ancien salaire. C’est le signal que votre activité a démarré, et c’est le moment où la question devient : ai-je encore intérêt à rester indemnisé, ou vaut-il mieux basculer intégralement.
La différence entre votre allocation théorique et l’allocation réellement versée est convertie en jours non indemnisés. Ces jours ne disparaissent pas : ils repoussent la date de fin de vos droits.
Reprenons notre consultant. Sur le mois considéré, il n’a pas perçu 1 050 € d’allocation. Cette somme n’est pas perdue : elle est convertie en jours d’indemnisation qui viennent s’ajouter à la fin de son droit.
La conséquence est contre-intuitive et vaut la peine d’être posée noir sur blanc : un consultant qui facture régulièrement en portage pendant sa période d’indemnisation conserve ses droits plus longtemps qu’un demandeur d’emploi qui ne facture rien.
Le cumul n’est pas une consommation accélérée de vos droits, c’est un étalement. C’est précisément ce qui rend le portage pertinent en phase de lancement d’activité.
C’est le sujet que les sociétés de portage évoquent rarement, et c’est pourtant celui qui déplace le plus votre revenu réel pendant une période d’indemnisation.
En portage, votre chiffre d’affaires facturé se répartit entre plusieurs postes : frais de gestion, cotisations, salaire brut, et remboursements de frais professionnels. Ces derniers correspondent à des dépenses réelles engagées pour votre mission, et ils ne constituent pas du salaire. Ils n’entrent donc pas dans l’assiette des 70 % déduits de votre allocation.
À chiffre d’affaires identique, deux répartitions différentes entre salaire brut et frais professionnels produisent donc deux allocations différentes.
Il serait malhonnête de présenter cela comme une astuce sans coût. Un salaire brut plus faible, c’est mécaniquement :
Les frais professionnels doivent correspondre à des dépenses réellement engagées pour l’exécution de la mission, justifiées et conformes au barème applicable. Gonfler artificiellement des frais pour minorer un salaire brut n’est pas une optimisation, c’est une fausse déclaration, avec un risque de redressement et de remboursement des allocations.
L’arbitrage légitime consiste à faire valoir les frais que vous engagez réellement, et à décider en connaissance de cause du niveau de brut que vous vous versez. C’est un calcul, pas une recette, et il dépend de votre âge, de votre horizon et de votre projet de financement.
Les deux options ne se valent pas selon le rythme de démarrage de votre activité.
L’actualisation est le point de friction opérationnel du cumul. Trois règles évitent l’essentiel des incidents.
Un dernier point souvent négligé : signalez votre entrée en portage à votre conseiller. Le CDI de portage surprend encore certains agents, qui peuvent le lire comme une reprise d’emploi à temps plein et suspendre l’indemnisation. Un échange en amont évite plusieurs semaines de blocage.
Enfin, si votre contrat de portage prend fin et que vous basculez d’un cumul vers une nouvelle ouverture de droits, les règles changent : voir notre page droits au chômage après une mission de portage.
Montant d’allocation, niveau de brut, frais professionnels justifiables, calendrier de démarrage : ces quatre variables déterminent votre revenu des douze prochains mois. Nous les posons avec vous, chiffres en main, avant votre première facture.
70 % de votre salaire brut de portage sont déduits de votre allocation mensuelle. Pour 1 500 € de brut déclaré, la déduction est de 1 050 €. Vous restez donc gagnant sur le mois, et les 1 050 € non versés sont reportés en fin de droits.
Non, c'est l'inverse. Les jours non indemnisés sont reportés et repoussent la date de fin de vos droits. Facturer pendant l'indemnisation étale votre couverture au lieu de l'épuiser.
Votre salaire brut, celui qui figure sur votre bulletin de paie. Le chiffre d'affaires que la société de portage facture à votre client n'est pas votre rémunération et n'a pas à être déclaré comme telle.
Non. Les remboursements de frais professionnels ne constituent pas du salaire et n'entrent pas dans l'assiette des 70 %. Attention toutefois : un brut plus faible réduit vos droits retraite et votre future allocation, et les frais doivent correspondre à des dépenses réellement engagées et justifiées.
L'ARCE vise la création ou la reprise d'entreprise, alors que le salarié porté signe un contrat de travail sans créer de structure. L'éligibilité d'un projet exercé uniquement en portage n'a rien d'automatique et doit être validée par votre conseiller France Travail avant toute demande.
Votre allocation est écrêtée pour que le total allocation plus salaire ne dépasse pas votre ancien salaire mensuel de référence. Ce n'est pas une sanction : c'est généralement le signe que votre activité a atteint un niveau où la question du maintien de l'indemnisation se pose différemment.
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